Un probable dénouement imminent dans la crise du Golfe

06 décembre 2020
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La crise diplomatique qui divise les pays du Golfe, depuis plus de 3 ans maintenant, est en passe de connaître un dénouement imminent, à en croire quelques réactions officielles. 

Le ton ferme et assuré du ministre saoudien des Affaires étrangères qui s’exprimait chez nos confrères de l’AFP paraît en léger décalage avec la réaction officielle du Qatar, plus modérée, moins tranchée. " Nous sommes en pleine coordination avec nos partenaires dans ce processus et les perspectives que nous voyons sont très positives en vue d’un accord final ", a souligné le diplomate saoudien, le prince Fayçal Ben Farhan al-Saoud, précisant au passage qu’une possible « résolution finale impliquerait toutes les parties concernées ».

Côté qatarien, on se veut plus prudent. « Nous avions réalisé un progrès certain vers la résolution du conflit il y a plus d'un an et ensuite les choses se sont ralenties. Maintenant il y a des initiatives qui, nous l'espérons, contribueront à mettre fin à cette crise car nous pensons que l'unité du CCG est extrêmement importante pour la sécurité et la stabilité de la région ». Déclaration du vice-Premier ministre, ministre qatarien des Affaires étrangères, Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, qui s’exprimait lors du Forum du dialogue méditerranéen qui se tient à Rome. Le chef de la diplomatie a rappelé que depuis le début de la crise, le Qatar avait appelé au dialogue. Et pour lui, il y a nécessité de mettre fin à cette crise "mais sur la base du respect mutuel et de l'égalité des droits de tous". Dans un entretien accordé à Al-Jazeera, la ministre adjointe des Affaires étrangères, porte-parole du ministère, a souligné, de son côté, que la déclaration koweïtienne était une étape importante et positive. Selon Lolwah Al Khater, les récentes discussions visent à mettre en place un cadre général de ces échanges pour mettre fin à la crise. « Nous poursuivons ces pourparlers sur la base du respect mutuel et toute solution à la crise du CCG devrait reposer sur la souveraineté, l'indépendance et la sécurité de chaque pays », a-t-elle encore ajouté.

Déclarations des uns, intentions des autres, il est difficile pour l’heure de savoir quand et comment la crise du Golfe va connaître une fin. Une chose est certaine, la volonté est réelle. Mais quelle part de faisabilité et de sincérité accorder à ces intentions ? Quelles sont les modalités et la portée de cet accord ? Qu’en est-il des 13 demandes imposées par les pays assiégeants au Qatar comme conditions à toute résolution de la crise. La suite des évènements nous le dira. 

Houda Bouchaib

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