L'annonce hier soir de la réouverture des frontières terrestres, maritimes et aériennes entre le Qatar et l'Arabie saoudite est une grande avancée après plus de 3 ans de siège

05 janvier 2021
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L’annonce hier soir de la réouverture des frontières terrestres, maritimes et aériennes entre le Qatar et l’Arabie saoudite est une grande avancée après plus de 3 ans de siège  

L’accord doit être signé aujourd’hui lors de la  41e eme session du comité suprême du conseil de coopération du Golfe

Veronique Francony revient sur la crise qui a affecté les relations entres les différents états du CCG depuis Juin 2017 

Le 5 juin 2017, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l'Egypte rompaient leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l'accusant notamment de soutenir le terrorisme.

Cette rupture s'accompagna de mesures économiques comme la fermeture des liaisons aériennes,  maritimes et terrestres avec Doha.  

Le 22 juin 2017, les quatre pays conditionnaient une reprise des relations à l'acceptation par le Qatar de treize demandes, dont la fermeture de la chaine de télévision Al-Jazeera, la réduction des relations avec l'Iran et la fermeture au Qatar d'une base militaire turque.  

Le 4 juillet, le Qatar estimait que ces demandes étaient "irrecevables" et portaient atteinte à sa souveraineté nationale. 

Le Koweït œuvrait dès le 5 juin 2017 à réconcilier les pays frères.

Feu son altesse l’émir du Koweït, Sheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah n’a eu de cesse tout au long des derniers mois de sa vie d’être un médiateur actif pour résoudre la discorde diplomatiquement.

Dès le début de la crise, deux autres pays viendront soutenir l’émirat : l'Iran et la Turquie notamment en augmentant leurs exportations alimentaires vers Doha.

Depuis, l’émirat a boosté et diversifié son économie tant en multipliant les procédures juridiques pour faire valoir le droit international à son égard.

La justice lui a donné d’ailleurs raison à multiples reprises : l'Organisation mondiale du commerce a statué en faveur du Qatar dans son litige avec l'Arabie saoudite pour la violation des droits de la propriété intellectuelle liés à la chaîne de télévision  beIN sports.

La Cour internationale de justice, la plus haute juridiction de l'ONU, s’est prononcée aussi en faveur du Qatar dans sa querelle avec les quatre autres Etats, qui ont institué un "blocus" aérien contre Doha.

Qatar Airways avait demandé alors 5 milliards de dollars de dédommagements...

Ces actions en justice qui pourraient peut-être levées à la faveur de l’accord signé ce mardi. Un responsable américain sous couvert d'anonymat a hier fait des déclarations dans ce sens auprès de l’agence France Presse indiquant que l’accord signé aujourd’hui devrait mettre fin au siège ainsi qu'aux actions en justice du Qatar.

Tous les analystes attendent désormais les détails de l’accord, ceux-ci seront certainement communiqués lors de la déclaration finale du 41 éme sommet.
 

Veronique Francony

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