Table ronde sur les élections qatariennes et le rôle des femmes dans le conseil de la Shura

28 septembre 2021
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Ce lundi, l’Université Carnegie Mellon au Qatar organisait une table ronde sur les élections qatariennes et le rôle des femmes dans le conseil de la Shura. Des échanges très nourris qui ont notamment fait intervenir Reem Al-Mansoori, l’une des 4 femmes nommées membres de la législature sortante, et le Dr Amal Mohammed Al-Malki, de la faculté des Sciences Humaines, de l’Université Hamad bin Khalifa. 

Le compte-rendu est signé Thierry Lesales 

Cette discussion a été l’occasion de rappeler le contexte de ces élections historiques. Depuis sa création en 1972, le conseil de la Shura constitue avec le cabinet l’un des deux organes législatifs de l’État du Qatar. D’abord composée de 20 membres, l’assemblée parlementaire est passée à 45 membres, mais il a fallu attendre 45 ans, pour assister à la nomination de 4 femmes en 2017. 

Cette année, l’organisation de ces premières élections législatives dans l’histoire du Qatar est une formidable opportunité pour les femmes qatariennes. Elles ont été 40?à se porter candidates, mais?28 ont été finalement retenues par la commission électorale. 

Reem Al-Mansoori a partagé son expérience de membre du conseil de la Shura, et a invité les jeunes qatariennes à ne pas hésiter à se présenter. 

Le conseil de la Shura n’était pas prévu dans mon plan de carrière. Mais j’ai eu beaucoup de chance d’avoir été nommée. Quand j’ai commencé à participer à des conférences parlementaires internationales. J’ai vu des jeunes parlementaires, Ils sont jeunes, et ils représentent leur pays, avec des idées différentes. Cela nous manque ici. Nous avons vraiment besoin de jeunes au conseil de la Shura. Donc svp, ceci est vraiment une invitation, je vous encourage à vous présenter aux prochaines élections, que vous commenciez à prendre la place qui est la votre, et que vous vous mettiez en avant, en vous portant candidate. Et je voterai pour vous, … et je serai votre directrice de campagne…. 

Le Dr Amal Mohammed Al-Malki a, quant à elle, livré son analyse sur cette expérience inédite pour les femmes qatariennes.  

Les gens pensent qu’il n’y aura pas de femme élue, que la société est trop traditionnelle, trop patriarcale, que personne ne votera pour les femmes. Mais attendons voir, je pense que l’on pourrait être surpris. 

Mais je pense que ces candidates devraient documenter leur expérience, et particulièrement les obstacles et les challenges. Parce que je peux identifier 12 obstacles ou challenges auxquels elles pourraient ou pas être confrontées dans cette aventure. Mais ce sont elles qui pourraient nous dire, ce qui a vraiment marché pour elle, et ce qui n’a pas marché. 

Encore, évoluer dans une structure tribale, nous savons que nous avons besoin de l’homme pour manœuvrer cela… On veut voir si ça a marché ou pas, on veut voir combien la société accepte l’idée d’une femme candidate… 

Et il y a des raisons d’espérer. Déjà, les femmes constituent la majorité des électeurs de la péninsule. Elles représenteraient 52?% des inscrits.  

Le verdict des urnes sera connu samedi soir, et on saura alors dans quel sens évolue la société qatarienne. C’est aussi l’un des enjeux de ces premières élections législatives.  

 

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